
Dans ce monde de plus en plus rationnel écouter un histoire c'est s'autoriser à ouvrir son imagination à d'autres mondes, d'autres cultures, d'autres formes de langage. Raconter une histoire c'est entrer en relation avec le public à travers l'imaginaire que chacun crée au fur et à mesure que se déroule l'histoire. Etre conteur c'est, tout en étant orateur (travail de la langue, du sujet), créé une histoire jamais mémorisée par coeur et donc à chaque fois vivante de façon différente. Ce qui me plait en tant que conteuse c'est être sur “le fil du rasoir”, ne jamais savoir quelle phrase va sortir de ma bouche, quel “bon tour” vont me jouer les spectateurs afin qu'à ce moment-là l'histoire se déroule “tel un fil” à plusieurs voix, avec réactivité et inter-activité. Les contes et les conteurs, par l'oralité, se retrouvent et se mélangent dans toutes les cultures. Et cela depuis la nuit des temps.

...La lecture à voix haute, pratiquée depuis que l'homme a inventé l'écriture, continue à être cultivée pour la diffusion de l'information et de la culture. Le lecteur public se met au service de la littérature, de l'oeuvre littéraire, du texte, de l'auteur. Pour cela, il utilise sa voix, sa compréhension du texte. Le mot, lu à voix haute, donne une résonance que la lecture personnelle ne peut procurer mais que l'écoute rend complémentaire. Aucune mise en scène, aucune interprétation ne sont nécessaires : le mot, le texte, l'oeuvre a sa propre théâtralité et son propre imaginaire reçus par l'auditeur.